On ne s’en rend même plus compte, mais l’intelligence artificielle en santé est déjà bien présente. Depuis les années 80, les scanners et IRM, aujourd’hui incontournables, sont des exemples d’applications IA en médecine. La radiologie, premier domaine à être assisté par les algorithmes, a ouvert la voie à une médecine augmentée par la technologie.
Selon le docteur Jean-Emmanuel Bibault, oncologue :
« Dans certains domaines c'est déjà presque une réalité, typiquement dans tout ce qui est interprétation d'imagerie médicale, radiologie, radiothérapie, il y a déjà des choses intéressantes. Mais sur des domaines plus complexes comme la chirurgie, on n'y est pas encore tout à fait, il faudra peut-être attendre 10 à 15 ans. »
En radiothérapie, l’IA médicale est utilisée depuis les années 90. Aujourd’hui, près de 50 % des centres de soins en France utilisent l’intelligence artificielle en radiothérapie pour planifier les traitements, ce qui prouve que l’IA dans les hôpitaux est déjà une réalité.
De nombreuses start-up en santé développent des solutions pour automatiser les consultations médicales, ou générer automatiquement des comptes rendus. Durant la crise du Covid-19, les téléconsultations ont explosé, propulsant l’IA en télémédecine au cœur des pratiques.
Même en chirurgie, des robots chirurgicaux pilotés par IA assistent déjà les professionnels. Selon Jean-Emmanuel Bibault :
« D'ici peut-être 10 à 15 ans, il n'est pas complètement impossible que pour les opérations simples, on assiste à une automatisation chirurgicale. »
L’IA santé pourrait réaliser ce que les médecins ne peuvent pas. Par exemple, prédire avec précision l’évolution d’un cancer de la prostate sur 10 ans, alors que même les meilleurs spécialistes ne peuvent que proposer une estimation. C’est ici que l’intelligence artificielle prédictive montre toute sa puissance.
Elle pourrait également proposer des traitements médicaux personnalisés, basés sur le profil génétique, les antécédents et les réactions prévisibles du patient.
L’intelligence artificielle médicale agit à deux niveaux :
Ces usages illustrent le potentiel de la médecine personnalisée basée sur l’IA.
Aujourd’hui, l’automatisation est bien acceptée car elle reste encadrée par des professionnels. Mais que se passera-t-il si une machine affiche 95 % de taux de guérison, face à un humain à 85 % ?
L’intelligence artificielle va-t-elle remplacer les médecins ? La question soulève des enjeux éthiques, juridiques et humains :
Pour Jean-Emmanuel Bibault :
« Il va falloir que l’on s’améliore nous-mêmes, car même l’empathie devient une compétence que les machines imitent. »
Entre progrès technologiques impressionnants, données de santé massives et algorithmes intelligents, l’avenir de la médecine pourrait bien être une collaboration homme-machine.
Non, mais elle peut les assister, surtout dans les domaines techniques comme l’imagerie médicale, la chirurgie assistée ou la planification thérapeutique.
Oui, notamment en radiologie, radiothérapie, gestion des dossiers médicaux et téléconsultations.
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